Civisme et humanisme : fondements de la démocratie particip’active

Civisme et humanisme par Fritzberg Daléus, auteur

  • Fondements de la démocratie particip’active

Compte tenu que ‘’personne n’a la science infuse, ni le monopole de la vérité…’’, il suffit d’avoir un peu d’empathie/vouloir bannir certains préjugés/bien développer son sens critique ou sa capacité analytique/et ne jamais imposer son dictat à personne pour que le monde qui nous entoure ne se sente pas dévalorisé, infériorisé, voire exclu. Car, tout n’est qu’une question de saine communication et d’une proximité adéquate entre les gens de même allégeance ou de même chapelle lorsqu’on parle de collectivité ou d’électorat à partir de laquelle une politique de bon voisinage serait bénéfique pour n’importe quel Parti politique qui se serait parvenu à mousser sa popularité par rapport à son savoir-faire ou son savoir-être.

Avant d’en arriver là, il serait pour nous, Haïtiens, salutaire et important de promouvoir à l’heure actuelle et de pérenniser même, la culture de cohorte d’antan ou d’entraide, qui avait conduit la paysannerie à des réalisations agricoles monstres et des constructions colossales dans tous les coins et recoins du pays, il fut un temps…

Dans ce contexte, ce qui importe pour nous, c’est de voir sans discrimination aucune, un Parti ou un mouvement politique quel qu’il soit, augmenter sa cote de popularité, via son investissement à plus forte mesure dans l’humain. (On fera aisément comme tout bon pasteur, prêchant pour sa paroisse). La claire et candide communication, est la clé du succès en tout, peu importe le temps, voire le moment où elle tient lieu. Sa clarté ou sa candeur se veut un catalyseur de maux, que ce soit dans sa famille, au travail, en politique et surtout en affaires.

C’est évident que cela produit, plus souvent qu’autrement (la plupart du temps), des retombées positives. Soit dit en passant, rien n’est statique. Ce qu’on faisait: dans l’Antiquité gréco-romaine, au Moyen-Âge, puis du temps de la Renaissance, on ne peut aujourd’hui les reproduire, tels quels.

Il faut croire que plus le temps avance, plus il évolue. Avec Gutenberg, on a eu l’invention de l’imprimerie. Alors qu’aujourd’hui, les TIC (Technologies de l’information et de la communication) ont tout chambardé pour le mieux, en accélérant le processus du Monde global à une vitesse éclair qu’on dirait, manifestement exponentielle et à tous les points de vue/non linéaire.

À titre d’exemple, prenons la ‘’Révolution Tranquille des années 60’’ où le peuple québécois, un peuple tolérant envers ses semblables, a pu transformer du tout au tout cette belle Province, jusqu’à jeter le bébé avec l’eau du bain, pour se sortir du joug de l’oppresseur et/ par soif de liberté. D’où l’expression ‘’le p’tit gars d’la place! Cela exprime le sentiment d’appartenance des siens, exigeant entre eux: l’empathie, la tolérance et le protectionnisme québécois à tout prix.

Serait-on capable, nous, Haïtiens, d’imiter cet échantillonnage d’êtres humains, dont l’épopée devait nous faciliter la tâche de transcender. Car, ’’tout royaume divisé, est appelé à être détruit…’’, selon un passage biblique. Pendant que nous nous enfargeons dans les fleurs du tapis, comme si de rien n’était en perdant notre temps à dénigrer l’autre, à faire de l’assassinat verbal, du colportage, des disputes inutiles, des discussions stériles ou des dialogues de sourds à n’en plus finir, soient: dans le Supermarché, les Salons de coiffure ou par le biais du téléphone, pour ne citer que ceux-là. C’est vraiment regrettable et également se régresser sur le plan intellectuel et psychologique en ayant de telles pratiques.

Mieux vaut s’entendre, si on peut s’entendre, pour qu’ensemble nous fassions avancer la cause des masses et des opprimés. Par contre, si ce n’est pas possible tous ensemble, agissons en groupuscule, comme tant d’autres ont fait depuis un certain temps pour que le mouvement ne se meure pas !

Dans le langage sociologique, il est souvent dit : ‘’qui se ressemble, s’assemble…’’ Et à travers nos observations quasi quotidiennes, ‘’les oiseaux de même plumage volent souvent ensemble’’, puisque tout n’est qu’une question de compatibilité de caractère même chez les animaux. C’est ce qui fait qu’en politique, il y a des sympathisants, tout comme il y a des militants. Il y a des extrémistes, tout comme il y a des modérés.

Peu importe le pays ou le système, en politique, tous les mouvements ne vont jamais à même allure.  Selon Mao Tse Toung, ‘’ toute révolution doit avancer au pas du soldat le plus lent…’’. Pour Mao, c’est une façon de ne pas laisser en reste celui qui n’est pas en mesure de suivre la cadence et de marcher ensemble, à même rythme, et garder la même allure, lorsqu’on est ensemble. Car, la loi du plus grand nombre bien organisée, est toujours la meilleure. Sinon, on jouerait tous au ridicule ou on serait tous au pouvoir et/ou dans l’opposition en même temps ou au même moment.

Lorsque quelqu’un est pour ou contre un gouvernement, c’est son droit et qu’on se le dise ! N’en déplaise à quiconque !

Ne pas l’accepter, c’est ne pas avoir l’esprit démocratique.

Depuis que je connais le président Aristide, jamais ce leader charismatique de Lavalas n’a une fois dans sa vie publique, injurié quiconque, voire attaquer ou gifler la personnalité de quelqu’un. Il a de préférence critiqué les agissements, le laxisme ou la méchanceté de certains dirigeants. Ce qui est en soi un geste anobli, selon moi.

Des propos immondes à l’endroit d’autrui, ce n’est pas son fort et ne sont jamais sortis de sa bouche, même par mégarde ou par inadvertance, en colère ou pas.

Selon le dicton populaire,

‘’Il n’y a que des fous et des imbéciles qui ne changent pas d’idées…’’

Ainsi, une personne transfuge  qui change de parti, cela est monnaie courante dans toute société de droit. Et ce n’est nullement un crime contre l’humanité de changer d’allégeance. Et qui pis est, en me posant la question à savoir : qui suis-je, pour me constituer en juriste ou pour juger autrui ?

Parlons maintenant de bilan personnel, soit une autre façon de s’autoévaluer comme contribuable au profit de la Nation, politiquement parlant, vu que nous sommes tous redevables envers Haïti. Et que chacun qui se dit militant, sans galvauder le sens étymologique de ce mot, puisse dresser un bilan de ses réalisations par rapport au nombre d’années de son militantisme; si peu sont ses réalisations au profit des déshérités du sort, des opprimés ou des laissés pour compte dans ce pays de nos Ancêtres, nous lui serons reconnaissants.

Tous les Lavalassiens de partout, peuvent se réunir en assemblée et discuter et non disputer de l’avenir du pays et du Parti, tout en s’améliorant de manière démocratique avec une élection des membres, selon la Charte de l’organisation Fanmi Lavalas, avec en perspective la matérialisation de certains projets de société pour notre Haïti. Et fonctionner en dehors des principes sacrés du parti constituerait une insulte à l’intelligence de tous les lavalassiens et lavalassiennes, un déni flagrant par rapport au discours du Chef.

Traiter ceux qui ont été à l’événement du président Jovenel Moïse de charognes ou de charognards, c’est inacceptable. Et si par malheur, un recours collectif était intenté contre les déclamateurs d’un de ces propos désobligeants ou orduriers; soyez assurés que cela leur mettrait au défi de remonter la pente et même très mal à différents niveaux. Donc, un mea culpa en la circonstance apaiserait les tensions, et je n’aurais aucune gêne à le faire en lieu et place de ces offenseurs redoutables, juste par respect pour autrui, afin que d’autres ne perpétuent pas l’exemple de Sweet Micky.

Sachant que je n’ai de leçon à faire à personne et croyant que l’erreur est humaine, j’ose affirmer que dans des moments d’énervement, la colère est souvent mauvaise conseillère. Personnellement, j’étais en compagnie d’autres Lavalassiens très remarquables, dont Ernest Léon, l’architecte et urbaniste, Prosper Simon et tant d’autres amis lavalassiens, pour ne citer que ceux-là.

Remarquer que nous n’y avons pas été pour grossir l’assemblée, mais bien pour poser des questions sensibles et/ou pertinentes sur le sort pitoyable et les conditions infrahumaines d’une jeunesse en déroute et désespérée qui n’a d’autre issue que de fuir le pays.

Est-ce la norme, maintenant, pour le Président, qui encourage l’indécence juvénile et la fuite de nos jeunes professionnels ?

Prêcher limpidement l’évangile/être vigilant et être capable de prôner l’amour en guise d’ancrage au sein d’une société et de sa famille immédiate ne peut en aucun cas, nous empêcher de revendiquer virulemment ce qui est ‘revendicable’, ni d’obstruer notre velléité, voire bloquer notre élan concernant notre pratique politique active ou partisane. Dois-je vous dire, humblement, que c’est ainsi qu’il m’arrive à concevoir, sans nécessairement rêver en couleur, l’avancement d’Haïti, dans l’état actuel de décrépitude ou de dégringolade où elle se trouve.

Oui, effectivement, je présume que vous diriez que, prêcher le bon évangile c’est de la pastorale inutile / présenter des excuses à ceux qu’on a souvent offensés, c’est de la lâcheté / inculquer l’amour à nos progénitures au lieu de leur apprendre à se venger, c’est de la fainéantise.

Par contre, Haïti a besoin pour l’instant qu’on soit nombreux à faire un front commun pour sa délivrance et/ou deuxième et vraie indépendance. Quitte à ce que chacun après, regagne ses rangs comme ce fut le cas après 1804. Car, avec la technologie de nos jours, un homme averti en vaut plus que mille. Puisque de toute évidence, la loi du nombre dans une lutte est toujours la meilleure.

Souvenez-vous du propos de Marcel Prost, l’un des grands philosophes du 18e. siècle, dont l’une des phrases les plus célèbres s’articule ainsi et tiré de son livre, à la recherche du temps perdu : ‘’je m’avance caché…’’. Ce qui signifie pour lui d’être prudent lors qu’on est bon stratège, sans toutefois négliger la force redoutable de l’ennemi ou de la partie adverse qu’il ne faut jamais douter. En effet, minimiser les stratégies insoupçonnées de nos vis-à-vis ou ennemis redoutables si petits soient-ils, peuvent nous conduire à la ruine, et nous faire baisser pavillon. Ils peuvent même nous ravir nos besoins primaires, secondaires et/ou tertiaires en fonction de leurs desiderata et surtout par rapport à la complicité de nos antinationaux et de nos corrompus et corrupteurs invétérés, dont le seul objectif est de s’enrichir au détriment des masses et des plus vulnérables de notre société. En toute  proportion gardée, la taille de l’adversaire, plus elle est grande et disproportionnée par rapport à la nôtre, plus elle fait mal et est pérenne.

Lorsqu’on est contre le statu quo, l’adversaire d’en face peut allègrement nous affubler de n’importe quel titre qui lui plait. Tout comme certains d’entre nous, d’ailleurs  peuvent le dénommer : sanguinaire/apatride/Makout/PHTK/Inculpé ou Bourgeois compradors. Que ces derniers nous traitent de chimères; oui, nous le sommes et l’assumons. Puisqu’ils nous mettent en chimérique par rapport à leurs agissements et leurs actions anti-progressistes.

Est-ce qu’on a tous les deux, malgré notre opposition, la même vision/ les mêmes intérêts/ ou les mêmes objectifs pour le pays? Personnellement, je crois que non. Car, dans une lutte pour le progrès, chaque citoyen et citoyenne déterminés a son importance et son rôle à jouer par rapport à sa capacité d’agir et son savoir-être et faire, pour mener à bien la destinée de sa Patrie. Et voilà qu’au moment où je termine cette réflexion, survient la nouvelle du décès de l’illustre Paul Gérin-Lajoie, un humaniste hors pair, qui a laissé ses empreintes sur la Révolution tranquille du Québec de Duplessis des années 60, où il fut ministre de la Jeunesse. Ce dernier, de par son œuvre charitable, et sa fondation qui porte d’ailleurs son nom, a marqué son époque de manière indélébile dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest et en Haïti, plus principalement au niveau de l’éducation et de la survie des déshérités du sort.

Quoique ‘toute comparaison est souvent boiteuse’ selon la voix populaire; cela ne pourra nullement m’empêcher de dresser un parallèle entre ‘’LA FANMI SE LAVI’’ du  président Aristide des années 90 et une partie de l’œuvre du feu, Paul Gérin-Lajoie, à qui nous disons : heureux voyage et mission accomplie! Reconnaissance haïtienne oblige.

À titre récapitulatif: Avant l’avènement d’Aristide à la première magistrature de l’État, il n’y avait que 18 lycées à travers le pays, dont quatre à Port-au-Prince. Peu de temps après avoir été le locataire principal du Palais National, malgré les coups d’État suivis d’exil et d’un kidnapping sur la personne du Président, ce dernier a pu faire construire 290 écoles nationales primaires et secondaires, à partir de son slogan : ‘’investir dans l’humain’’, un porteur d’un message d’espoir et  philosophique qui s’est matérialisé sans ambages, ni retenu. À l’instar du feu, Paul Gérin-Lajoie, qui a transformé en très peu de temps le Québec à caractère rustique, jadis agricole et de mentalité soumise par rapport à la domination du catholicisme français, en une société avant-gardiste et/ou technologique. Car, pour Paul Gérin-Lajoie, ‘’l’éducation est le fondement de la richesse d’une société’’.

Accepter l’autre tel qu’il est, ce n’est pas un choix personnel, mais bien un don divin. Hâter le pas aide souvent à pourchasser: la somnolence/ l’inertie/ l’oisiveté et la paresse. Et quand Paul Gérin-Lajoie parvenait à hisser son peuple au rang des Nations, le Québec tout entier l’honorait et le prenait pour son modèle, en tant que père de l’éducation de la jeunesse montante. Un peuple qui a le sens de la vénération, comme ce fut le cas pour nous, jadis.

Aujourd’hui, si le civisme, comme fondement et/ou point de départ, menant aux principes démocratiques a toujours été bénéfique pour toute société qui y croit. L’humanisme en serait tout autant, pour tout peuple qui le pratique ardemment, et ce, de façon habituelle et désintéressée pour leur chef suprême.

Concernant Haïti, autant va vers la détresse ce pays de nos Ancêtres, autant que notre devise ‘’l’Union fait la force’’, perd son sens propre et originel. Car, autant vont à la dérive nos efforts de concertation, nos cohortes et vigiles de même que nos Kombites qui sont comme une espèce en voie de disparition, je vous assure si cette vague se poursuit, nous n’irons pas plus loin, et ce sera la veille de la fin, malheureusement.

En guise de conclusion, je m’en voudrais de terminer ces pages de réflexions sans saluer la mémoire de mes trois feux illustres amis, qui furent de farouches militants, dont les noms suivent: Jean-Claude Delva, Jean-Claude Dérose, et Henri Pierre Noël, qui n’était pas lui, du camp des Lavalassiens à proprement parlé, mais qui avait une vision très progressiste pour l’avancement d’Haïti. Il fut d’une sensibilité à fleur de peau pour tout ce qui a trait au développement technologique y compris notre participation dans le monde des Nations.

Quant à Suzie, mon feu épouse/amie/sœur et mère, je la salue au sommet des lieux, là où son âme repose maintenant, probablement sous  le Baobab de notre lointaine origine; elle qui s’impliquait corps et âme dans tout ce que j’entreprenais.


ce texte a été rédigé à Montréal, le 25 juin 2018 et publié aujourd’hui.

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